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LE NOUVEAU GOUVERNEMENT MEXICAIN EST ENTRE EN GUERRE SAINTE CONTRE SON PROPRE PEUPLE. ARRESTATIONS ARBITRAIRES D'HOMMES POLITIQUES COMME DE SIMPLES PASSANTS QUI AVAIENT LE MALHEUR DE SE TROUVER AU MAUVAIS ENDROIT AU MAUVAIS MOMENT, GENERALISATION DU VIOL DES PRISONNIERES, DE LA TORTURE Y COMPRIS SUR DES ENFANTS DE HUIT A DOUZE ANS , CENSURE DE TOUTE OPPOSITION... LA LUTTE NE FAIT QUE COMMENCER. El nuevo gobierno mexicano a entrado en guerra santa contra su propio pueblo. Imposición, traición, doble discurso, ruptura del pacto social, ningún respeto por los derechos humanos con la consiguiente tortura, prisión, muerte de luchadores sociales e inocentes. Censura y desprecio por la cultura y la educación.... LA LUCHA COMIENZA.
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dimanche 15 juin 2008

QUINZAINE ZAPATISTE du 17 juin au 5 juillet


Indymedia Paris

La situation des communautés zapatistes au Chiapas, en lutte depuis 1994 pour réclamer non seulement la reconnaissance de leurs droits et de leur culture mais aussi la construction d'un système alternatif au capitalisme et la répartition des richesses, est de plus en plus difficile.

L'offensive actuelle (qu'elle soit paramilitaire, avec une recrudescence très nette des agressions, ou « civile » avec une accélération du déplacement des populations) est, aux dires de nombreux observateurs, « sans précédent depuis 1995 ». (...)

Face à cette situation, (...) il a été décidé d'organiser du 17 juin au 5 juillet une quinzaine européenne d'actions, de débats, d'exposition pour marquer notre solidarité avec le mouvement zapatiste.

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lundi 28 avril 2008

Cinoche Zapatiste

04 Mai,PROJECTION/DÉBAT : ZAPATISME URBAIN À NEW-YORK !

PROJECTION/DÉBAT : ZAPATISME URBAIN À NEW-YORK !

18h00 : projection du film « Rencontre à New-York pour la dignité et contre le néolibéralisme »

puis débat avec Juan Haro membre du « Movement for Justice en el Barrio » de Harlem (New-York)

Dimanche 4 mai à 18h00 au CICP 21 ter rue Voltaire 75011 Paris Métro : Rue des Boulets ou Nation Prix libre

PROJECTION/DÉBAT : ZAPATISME URBAIN À NEW-YORK !

18h00 : projection du film « Rencontre à New-York pour la dignité et contre le néolibéralisme »

puis débat avec Juan Haro membre du « Movement for Justice en el Barrio » de Harlem (New-York)

Dimanche 4 mai à 18h00 au CICP 21 ter rue Voltaire 75011 Paris Métro : Rue des Boulets ou Nation Prix libre

Le « Movement for Justice en el Barrio » est une association de migrants mexicains de New-York. Ils sont adhérents de l'Autre Campagne, le vaste mouvement initié par les zapatistes en 2006 pour créer des liens et des solidarités entre tous ceux qui luttent en « bas, à gauche » au Mexique et partout dans le monde. Habitants d'un quartier de Harlem, leurs maisons ont été racheté par une multinationale de Londres et ils sont depuis menacés d'expulsion dans le cadre d'un vaste programme de rénovation et de spéculation immobilière. Dans l'esprit de l'Autre Campagne zapatiste, ils ont lancé une campagne internationale pour mobiliser autour de leur lutte, moyen également de mettre en lumière les ravages du néo libéralisme. Cette projection et ce débat seront l'occasion de savoir comment des migrants s'organisent à Harlem autour de luttes locales mais aussi ce que représentent et signifient pour eux (migrants, urbains) faire partie de l'Autre Campagne zapatiste, les engagements et responsabilités que cela représente dans la solidarité avec les autres luttes..

samedi 22 décembre 2007

Le "Sub" Marcos prend congé des médias

Le monde

Le sous-commandant Marcos pose pour la revue "Gatopardo" avec pipe, tenue militaire et passe-montagne noir, emblême médiatique de la "révolution" zapatiste, en octobre, à Mexico. | AFP/RICARDO TRABULSI
AFP/RICARDO TRABULSI
Le sous-commandant Marcos pose pour la revue "Gatopardo" avec pipe, tenue militaire et passe-montagne noir, emblême médiatique de la "révolution" zapatiste, en octobre, à Mexico.

Cette fois, il ne nous parle pas depuis les "montagnes du sud-est du Mexique". Pour avertir que le conflit armé pourrait se rallumer au Chiapas, le sous-commandant Marcos, porte-parole de la nouvelle révolution zapatiste, avait invité le gratin de la gauche altermondialiste à San Cristobal de las Casas, cité coloniale métamorphosée en Mecque de la contestation. Ici, dans certaines crèches de Noël, l'enfant Jésus porte un passe-montagne, emblème des insurgés.

Du 13 au 17 décembre, en hommage au défunt André Aubry, vieux compagnon de route du zapatisme, des centaines de personnes ont rempli la salle de conférences de l'université de la Terre, assez pimpante avec ses bâtiments de brique rose, ses ateliers et son élevage de canards.

A la tribune se sont succédé la crinière blanche de l'écrivain britannique John Berger, qui vit parmi les paysans de Haute-Savoie mais correspond depuis des années avec Marcos, la fringante Canadienne Naomi Klein, auteure du manifeste antimondialisation No logo, l'Américain Immanuel Wallerstein, pionnier de la pensée "antisystémique", le Brésilien Ricardo Gebrim, du Mouvement des sans-terre, ou encore le Mexicain Gustavo Esteva, disciple du libertaire Ivan Illitch et témoin de la rébellion, en 2006, de la ville mexicaine de Oaxaca.

Ce "conclave d'exception", écrit le quotidien de gauche LaJornada, se salue, s'embrasse, se congratule. La chemise sport, assortie de solides chaussures de marche, semble dominer chez les hommes, tandis que, côté féminin, on note un faible pour le corsage à broderies indiennes, avec des châles pour affronter le froid nocturne (San Cristobal est à plus de 2000m d'altitude). Noam Chomsky manque à l'appel, mais il y aura sûrement un orateur pour le citer. Le célèbre linguiste n'a-t-il pas affirmé que le zapatisme représente "l'initiative politique la plus radicale et peut-être la plus importante" sur la planète? Connus ou pas, les participants doivent chaque jour ronger leur frein en attendant l'arrivée de Marcos. Enfin, un frémissement parcourt l'assistance, et le voilà, flanqué de quelques membres de l'Armée zapatiste de libération nationale, l'EZLN, en général très jeunes, et qui resteront debout près de la tribune, silencieux, visage masqué. Applaudissements.

A 50 ans sonnés – si son vrai nom est bien Rafael Guillen, comme l'affirment les autorités mexicaines –, la silhouette du "Sub" (prononcer "soub") s'est alourdie sous l'éternelle tenue militaire. Mais il a encore des yeux tendres, des mains soignées et une voix séduisante. Autour du cou, telle une relique desséchée, il garde le foulard qu'il portait lors de l'insurrection du 1er janvier 1994.

Celle-ci avait été déclenchée le jour de l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange entre le Mexique et les Etats-Unis, afin d'attirer l'attention sur la misère des communautés indiennes. L'Armée zapatiste de libération nationale avait accepté un cessez-le-feu après douze jours de combats, stabilisant peu à peu son emprise sur 39 municipalités "autonomes" de l'Etat du Chiapas. Soit quelque 3000 "communautés de base d'appui", 300000 paysans – dont 12000 armés –, et 250000 hectares récupérés auprès de gros planteurs ou d'éleveurs.

Ces terres suscitent bien des convoitises. Depuis un an, les zapatistes se plaignent d'être harcelés par des groupes paramilitaires, avec la complicité des autorités de l'Etat, officiellement étiquetées à gauche.

La réunion de San Cristobal a permis à Marcos de ranimer des réseaux de solidarité qui s'étiolaient. D'où des horaires bizarres, les hôtes de marque étant reçus en petit comité durant la journée, pendant que les autres trompent leur ennui en ville, où l'on n'échappe pas aux porte-clés en forme de guérilleros. John Berger, qui n'était encore jamais venu au Mexique, a découvert en territoire autonome une "autorité sans autoritarisme". Naomi Klein, qui présentait son nouvel opus sur le "capitalisme du désastre", constate que les zapatistes "ne sont pas faciles".

Après quelques sarcasmes sur les colloques, qui sont pour lui des "masturbations théoriques", des "défilés de mode dont les participants exhibent leur anorexie intellectuelle", Marcos a durci le ton : "L'EZLN est une armée. Très différente [des autres], certes, mais une armée." Dont il est, lui, le "chef militaire". Or "la guerre, comme la peur, a une odeur, et l'on commence à respirer son odeur fétide sur nos terres". Il annonce une retraite médiatique, "au moins pendant un bon moment". Les zapatistes doivent redéfinir à huis clos leur stratégie. A la journaliste Laura Castellanos, à qui il s'est récemment confié, Marcos a laissé entendre que ce pourrait être sa "dernière interview".

"Nous sommes passés de mode", se plaint-il. Dans ses propres rangs, on lui reproche son mépris pour la gauche mexicaine. Beaucoup d'intellectuels, qui avaient accompagné, en mars 2001, la triomphale marche zapatiste vers Mexico, se sont éloignés.

Conséquence de cet isolement : le soutien financier dont a longtemps bénéficié l'EZLN, notamment grâce à des réseaux italiens, se réduit. Au sein des municipalités "autonomes", des tensions apparaissent, et les jeunes sont toujours plus nombreux à émigrer.

Le "Sub" songe parfois à rédiger une thèse de doctorat, ou à prendre des vacances. Il a des insomnies. Il exclut de retourner à la lutte armée, même s'il promet de riposter en cas d'attaque. Sans passe-montagne, en tout cas : trop inconfortable. Et il garde l'œil fixé sur 2010, bicentenaire de l'indépendance et centenaire de la révolution mexicaine. Car, dit-il, "au moins une fois par siècle, le peuple mexicain dit non ".

Joëlle Stolz

Sub Marcos

Le sous-commandant Marcos pose pour la revue "Gatopardo" avec pipe, tenue militaire et passe-montagne noir, emblême médiatique de la "révolution" zapatiste, en octobre, à Mexico. | AFP/RICARDO TRABULSI

AFP/RICARDO TRABULSI
Le sous-commandant Marcos pose pour la revue "Gatopardo" avec pipe, tenue militaire et passe-montagne noir, emblême médiatique de la "révolution" zapatiste, en octobre, à Mexico.

Un antihéros pose pour l'Histoire

Le monde

SAN CRISTOBAL DE LAS CASAS (Chiapas, Mexique) ENVOYÉE SPÉCIALE

Ricardo Trabulsi est le photographe de Shakira et autres stars du show-biz latino, plus habitué à shooter des mannequins qu'à suivre des guérilleros. Aussi, quelle émotion lorsqu'il a su qu'il était sollicité pour tirer le portrait du sous-commandant Marcos! Pour la première fois, le chef zapatiste était prêt à poser devant l'objectif d'un professionnel, et la très chic revue Gatopardo exigeait un finiimpeccable.


Ce qu'ignoraient les responsables de ce magazine de qualité, vendu à 200000 exemplaires en Amérique latine, c'est que Ricardo Trabulsi se passionne depuis 1994 pour le mouvement zapatiste. "J'avais 26ans, nous raconte-t-il, et cette insurrection m'a éveillé au monde. J'ai commencé à lire des journaux, puis les livres dont parlait Marcos. A partir de 1998, parallèlement à ma carrière commerciale, j'ai poursuivi un travail personnel sur les communautés d'appui à l'EZLN."

Ces dernières années, il a envoyé pas moins de six lettres dans l'espoir d'accrocher l'intérêt du "Sub". Aucune réponse. Et voilà que se présente l'occasion qu'avaient sollicitée en vain, avant lui, le célèbre photographe brésilien Sebastiao Salgado ou l'Italien Olivero Toscani! La prise de vue pour la couverture, avec fond blanc, a lieu au bureau de l'EZLN à Mexico. Marcos, détendu, bavarde avec la journaliste Laura Castellanos. Une autre séance était prévue en extérieur, avec un photographe du Chiapas. Mais Marcos change la date, et Ricardo Trabulsi est ravi quand on lui offre de partir dans la forêt Lacandon.

La vraie surprise, alors, a été pour le "Sub" : Ricardo Trabulsi sort un appareil en bois datant de 1889, qu'on utilise avec des plaques de 8 x 10pouces, en fourrant sa tête sous un tissu sombre. Le genre d'antiquité devant laquelle avaient posé Pancho Villa et Emiliano Zapata. "C'était un rituel romantique d'utiliser ça au XXIesiècle, mais je voulais faire de lui un portrait pour l'Histoire", explique le photographe.

Joëlle Stolz

mercredi 26 septembre 2007

Marcos et son bla, bla

Marcos fait parler de lui, quand il s'emmerde il commence a sortir ses "communiques" pour emmerder des autres .......

Le monde diplomatique

Mexique, calendrier de la résistance

sous-commandant insurgé Marcos

Tiens, revoilà le sous-commandant Marcos ! Il n’a pas renoncé à dénoncer « la religion du pouvoir et de l’argent ». En douze stèles – pierres gravées qui contiennent des prophéties –, c’est à un voyage dans tout le Mexique, et non dans le seul Chiapas, qu’il nous convie. Le style n’a pas changé, toujours aussi décapant : « Mais oui, cher ami, ici, dire un “imbécile de droite”, c’est un pléonasme, mais dire un “pourri corrompu de droite”, c’est un projet national. » L’opposition n’échappe pas plus à la vindicte : « Le PRD a été un parti de gauche, c’est vrai. Il ne l’est plus. » On aura ici un aperçu des griefs du mouvement indigène à l’égard de ce parti par lequel – non sans quelques bonnes raisons – il estime avoir été trahi. En toile de fond, une immuable philosophie, quelque peu mise à mal par la vague des changements survenus en Amérique du Sud : « Il est possible de gouverner et de se gouverner sans ce parasite qui se dit gouvernement. »

Maurice Lemoine.

mardi 28 août 2007

Invitation

Indymedia Paris

7 septembre débat avec des membres de l'appo de Oaxaca

Paris 7 septembre : Débat avec des militants de l'APPO Débat avec des militants de l'APPO et du CODEP

Paris, Vendredi 7 septembre : Débat.

Oaxaca en lutte : renforçons la solidarité !

Oaxaca, Mexique, le 22 mai 2006. Les enseignant-e-s partent en grève pour leurs salaires et l'amélioration de leurs conditions de travail.

N'obtenant pas satisfaction, le mouvement est reconduit jusqu'à ce que, le 14 juin, le gouverneur de l'État, Ulises Ruiz, du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) déclenche une brutale répression. Plutôt que de s'affaiblir, le mouvement s'étend au delà des enseignants. Associations civiles, communautés indiennes, organisations et syndicats se sont rassemblés, le plus souvent sur des pratiques d'action directe, d'assemblée de base… C'est ainsi que des centaines de milliers d'Oaxaquègnes ont occupé la rue et construit un mouvement contestataire toujours en lutte aujourd'hui, malgré la violente répression qu'il subit.

Jaquelina Lopez y Samuel Hernandez, militant-e-s de l'Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO), membres du Comité des Droits du Peuple (CODEP), parcourent l'Europe depuis quelques mois pour partager leur expérience, faire connaître les derniers développements de la situation à Oaxaca et au Mexique, informer sur la répression du mouvement populaire et renforcer le mouvement de solidarité internationale.

Nous vous invitons à les rencontrer lors d'une réunion publique le vendredi 7 septembre à 20h, au local d'Alternative libertaire, 92 rue d'Aubervilliers, métro Riquet ou Stalingrad. Nous évoquerons aussi les rencontres zapatistes qui se sont tenues en juillet dernier dans plusieurs « caracoles » du Chiapas.

Alternative libertaire, le 27 août 2007

jeudi 16 août 2007

Indymedia Paris

Chiapas la guerre invisible

les flots de touristes nord-américains et européens continuent de submerger, entre deux cyclones, le littoral du Yucatán ou du Pacifique.


CHIAPAS : la guerre invisible...

Tandis qu'Irene Kahn, secrétaire générale d'Amnesty International, multiplie les mises en garde en direction du gouvernement de Felipe Calderón [1], les flots de touristes nord-américains et européens continuent de submerger, entre deux cyclones, le littoral du Yucatán ou du Pacifique. Mais leurs troupeaux bariolés se pressent également à San Cristobal, sur les sites mayas et devant les superbes paysages du Chiapas. Pourtant, et ce n'est pas le moindre des paradoxes de cette frénésie de "découverte" qui pousse les nouveaux aventuriers de la modernité, une sale guerre continue de se dérouler dans cet Etat du Sud-Est mexicain, sans même que ceux-ci en recueillent le moindre écho. A quelques pas de Palenque ou de Yaxchilán, des cascades d'Agua Azul ou de la lagune de Miramar, des dizaines de communautés indigènes mayas (chol, tsotsil, tseltal ou tojolabal) et zoques sont violemment agressées par des bandes de paramilitaires. Maisons brûlées, champs de maïs, arbres fruitiers ou plantations de café dévastés, viols et assassinats se répètent semaine après semaine, perpétrés souvent par d'autres indigènes, encadrées par l'OPDDIC. Créée par d'anciens membres du groupe terroriste pro-gouvernemental "Paz y Justicia", cette "Organisation pour la défense des droits indigènes et paysans" a été réactivée par l'actuel gouverneur de l'Etat. Equipée et protégée en sous-main par l'armée fédérale et certains corps de police, l'OPDDIC est devenue en un an le fer de lance de la "guerre de basse intensité" menée contre la rébellion zapatiste [2]. Une guerre qui s'appuie sur les principes définis en leur temps par les théoriciens français, puis argentins et nord-américains de la contre-insurrection, et dont l'essentiel consiste à utiliser des membres de la population civile pour semer la terreur au sein de celle-ci, et tenter ainsi d'isoler les plus déterminés des insurgés [3]. Ce qui rend actuellement l'OPDDIC particulièrement dangereuse, c'est que son action contre les communautés zapatistes est concertée avec la dernière offensive gouvernementale contre la petite paysannerie du pays. A travers un programme baptisé "PROCEDE", le pouvoir fédéral cherche en effet à liquider un acquis fondamental de la révolution de 1910 : la reconnaissance du droit à la terre, dans le cadre de la propriété collective (avec l'instauration des "ejidos"), pour ceux et celles qui la travaillent. Car même si la réforme agraire pour laquelle des centaines de milliers de "peones" indigènes et "métis" avaient donné leur vie n'a jamais été menée jusqu'au bout, le maintien actuel des "ejidos" (la terre appartient à l'ensemble de la communauté, les parcelles se transmettant de génération en génération, mais sans pouvoir être vendues ou utilisées à d'autres fin que l'agriculture) n'est plus tolérable pour un système économique dans lequel tout est marchandise, y compris la terre, l'eau, les ressources naturelles et tout ce qui est vivant.

Le PROCEDE consiste à offrir aux paysans des titres de propriété individuelle sur ces terres naguère collectives. Nantis de ces "papiers", ceux-ci pourront enfin s'affranchir des règles et des solidarités communautaires, bénéficier d'une garantie pour emprunter aux banques de quoi s'offrir outils "performants" et engrais chimiques, voire vendre la terre au plus offrant si l'attrait de la "vie en ville" se fait trop pressant. L'activité de millions de petits paysans tourne encore essentiellement autour de l'autosubsistance, leur consommation est réduite et ils n'alimentent guère le marché et la grande distribution au niveau national ou international. Le développement de l'agriculture passe donc par l'éradication de cette paysannerie, pour laquelle on envisage un meilleur avenir, dans l'agro-industrie du Nord ou des Etats-Unis, ou encore dans les "maquiladoras", ces usines textiles ou électroniques de montage dont le Mexique s'est fait une spécialité, rivalisant même, en termes de compétitivité et d'absence de droits sociaux, avec la Chine et l'Inde.

Dans quelques décennies, s'il reste des historiens, ceux-ci analyseront probablement le soulèvement zapatiste de 1994 comme un des derniers et des plus déterminés et créatifs soubresauts d'une culture et d'un monde qui se refusent à disparaître. Des sociétés où l'importance des liens de solidarité entre humains, mais aussi avec la terre qui les nourrit, prime sur tout le reste. Cette rébellion, commencée par les armes, poursuivie par la parole et l'action de quelques centaines de milliers d'indigènes engagés envers et contre tout dans la construction de leur autonomie, a remporté des succès aussi indéniables qu'impressionnants. Sans aucune aide ni intervention de l'Etat et de ce qu'ils appellent le "mauvais gouvernement", avec le seul appui de quelques organisations et groupes de la société civile mexicaine et internationale, les zapatistes sont en train de mettre en place un système éducatif, de santé et de justice remarquables. Profondément inspiré par le principe du "commander en obéissant", le fonctionnement de leur autogouvernement à tous les échelons, de la communauté villageoise au "municipe autonome" et à la région (dont les cinq "caracoles" coordonnent les moyens et les projets) offre une véritable leçon d'organisation et de démocratie. Les responsables, désignés dans leur communauté pour une période maximale de trois ans, et révocables à tout instant, se relaient tous les quinze jours aux postes de commande des "conseils de bon gouvernement".

Nombre de ces femmes et hommes ne savent ni lire ni écrire, et ce ne sont pas des critères de compétition qui ont prévalu lors de leur nomination, mais ceux du dévouement, du respect et de la sagesse dont ils ou elles ont fait preuve à travers les fonctions précédemment assumées, dans le cadre de la coutume des "cargos" propres aux communautés indigènes.

Pendant la dernière semaine du mois de juillet, des ressortissant-e-s de plus de 45 pays de tous les continents ont écouté des centaines de représentant-e-s des communautés rebelles zapatistes. Dans un espagnol parfois hésitant, mais toujours expressif et digne, ces derniers ont pu exposer leurs efforts, leurs succès et leurs difficultés, mais aussi leur vision du monde et de son avenir [4].

Les succès du mouvement zapatiste inquiètent en haut lieu. Les 12, 13 et 14 octobre prochain, l'EZLN organise une nouvelle rencontre, cette fois avec les peuples indigènes des Amériques. Elle se tiendra dans le nord du pays, en territoire yaqui, et fera probablement appel à la mémoire, dans ces terres où la résistance a perduré jusqu'à l'orée du XXe siècle.

1810 : début de la guerre d'indépendance au Mexique et du soulèvement général contre le colonialisme espagnol.

1910 : début de la révolution mexicaine.

2010 ? Si notre rationalisme nous interdit toute spéculation autour d'un calendrier, les Amérindiens, qui possédaient le leur 1 500 ans avant les Occidentaux, pourraient bien s'en saisir pour déterrer à nouveau la hache de guerre.

Il s'agit donc pour le gouvernement fédéral, et pour celui de l'Etat du Chiapas, de passer à la vitesse supérieure, de déployer tous azimuts l'offensive contre ce mouvement qui fait tache d'huile. Les attaques contre les communautés se multiplient. Depuis le 12 août, un paysan zapatiste et son fils se débattent entre la vie et la mort, à l'hôpital de Tuxtla Gutierrez. L'OPDDIC se voit secondée dans certaines régions par des membres de coopératives de café, bénéficiant même des labels "bio" et "équitable", comme les "Cafés de la Selva". Ceux-ci entrent dans le conflit, afin de bénéficier à leur tour du PROCEDE, et tentent de chasser les zapatistes des terres récupérées depuis 1994. D'autres communautés, dont les responsables rêvent de ramasser quelques miettes du développement "éco-touristique" dans la région, se laissent également attirer par les sirènes de la propriété privée des terres, et passent à l'offensive. C'est le cas au cœur même de la forêt Lacandone. La confrontation ne fait que commencer. Ils faudra y être attentifs, d'autant que la presse et les médias au niveau international demeurent silencieux. Cette guerre, au paradis du commerce équitable et du tourisme écologique, doit demeurer invisible.

Pourtant, il se trouvera toujours des voix pour témoigner [5], et rappeler au monde l'importance de ce qui se joue au Chiapas.

14 août 2007 - Jean-Pierre Petit-Gras

[1] Irene Kahn a vigoureusement dénoncé la pratique systématique de la torture et les agressions sexuelles commises par les policiers contre les opposant-e-s, qu'il s'agisse de San Salvador Atenco, d'Oaxaca ou encore contre les mineurs de Sicartsa ou les paysans qui refusent la construction du barrage de la Parota, dans le Guerrero. Elle a également souligné l'incroyable laxisme des autorités devant les centaines d'assassinats perpétrés sur des femmes à Ciudad Juárez, Chihuahua.

[2] Depuis 1994 les insurgés zapatistes ont occupé plusieurs centaines de milliers d'hectares, dont leurs ancêtres ont été spoliés par les colonisateurs et leurs descendants.

[3] Voir à ce sujet le très bon film de Marie-Monique Robin "Les Escadrons de la mort".

[4] Les zapatistes ont en effet organisé dans trois des "caracoles" les "deuxièmes rencontres avec les peuples du monde". Les documents rendant compte de cet événement sont en voie de publication sur le site de l'EZLN et des collectifs sympathisants dans différents pays.

[5] Le site de l'EZLN présente des traductions. Sur la paramilitarisation, on peut consulter en espagnol le site du CAPISE, ou celui du "Col.lectiu de Solidaritat amb la Rebel.lio Zapatista" de Barcelone. En français,

celui du CSPCL.

http://cspcl.ouvaton.org/

mardi 31 juillet 2007

Pasa la voz

Del sendero

SOBRE EL JUICIO POLÍTICO CONTRA ULISES RUIZ

En El Correo Ilustrado de La Jornada apareció hoy una invitación muy peculiar:

Juicio político contra los enemigos de Oaxaca

La Asamblea Popular de los Pueblos de Oaxaca invita a intelectuales, artistas, juristas, organismos y colectivos de derechos humanos, y al pueblo de México en general, a que participen en el juicio político popular nacional, en contra de Ulises Ruiz Ortiz, Vicente Fox, Carlos Abascal, Felipe Calderón, Ramírez Acuña, Peña Nieto, Mario Marín y todos los que han respaldado y avalado los agravios contra Oaxaca y el pueblo de México. Se realizará los días 3 y 4 de agosto en el Zócalo de la ciudad de México a partir de las 10 de la mañana.

Favor de confirmar su asistencia al siguiente correo: juiciopopularnacional@yahoo.com.mx

APPO, la otra campaña, Comité Eureka, Mujeres sin miedo, San Salvador Atenco, Asamblea Popular de los Pueblos de México (APPM), Asamblea Popular del Estado de México (APEM), Convención Nacional Democrática, Diálogos Nacionales, Promotora por la Unidad Nacional en Contra del Neoliberalismo y Consejo Nacional de Huelga.

La invitación es muy amplia y se ha venido trabajando desde hace muchas semanas. Sin embargo no se le ha dado la importancia debida por los 'actores' políticos y 'comunicadores' nacionales.

Quiero hacer ver a ti y a todos tus lectores sobre la trascendencia de este evento:

1) Es un Acto Político de relevancia por ser una acción que pretende hacer efectiva la toma de decisiones (es decir, construir instancias de poder desde abajo) por parte de la gente, al constatar que las 'instituciones' estatales y nacionales han permitido, solapado, impulsado e implementado una estrategia represiva violatoria de los derechos humanos más elementales contra el noble pueblo de Oaxaca. No hay ningún tipo de respuesta legal y democrática de los poderes estatales y nacionales que atienda la consecución de delitos gravísimos por parte del estado. No le queda otra al pueblo que atender directamente la solución de sus problemas y lo hace dentro de un esquema pacífico que pretende construir desde abajo la justicia que se ha negado desde arriba. De tener éxito, las conclusiones y sentencias del jurado político popular serán llevadas a instancias internaiconales para ver si de esta manera se logra la justicia y la democracia y se instaura en definitiva la vigencia de los derechos humanos en esta entrañable región de México.

2) Si revisan con cuidado, la invitación esta firmada por las principales organizaciones de lucha popular en nuestro país, reuniendo como nunca antes, a organizaciones como APPO, La Otra Campaña, Atenco, Eureka, CND, Diálogo Nacional y CNH, etc. Es decir, instancias o referentes de primera línea a nivel nacional que hasta ahora no habían coincidido en eventos o tácticas de lucha. Este hecho, por si mismo significa un salto enorme en la movilización y lucha contra la ultraderecha en el poder.

Uno lee con asombro como el tema de la represión y la lucha oaxaqueña está presente en todo medio pero que NADIE toma en cuenta el Juicio Político Popular Nacional que se celebrará el viernes y sábado próximos en el zócalo de la Ciudad de México. Para muestra está el caso de la Resistencia Creativa que llevó a cabo un interesante y valioso evento el día de ayer en el Hemiciclo en apoyo a la APPO, difundido profusamente pero en donde no existe la mínima alusión al Juicio Político Popular Nacional promovido por la Asmablea Estatal de la APPO.

Ojalá coincidan conmigo y difundan ampliamente este trascendente evento.

Collaboration franco-mexicaine

Le Jouet Enrage

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Spécial Oaxaca • Juillet 2007

Scandale
Documents sur la coopération policière franco-mexicaine

À la recherche des preuves de la collaboration franco-mexicaine, notre enquêtrice, Sarah Ilitch, a trouvé quelques perles. Il s’agit en l’occurrence des textes sur lesquels se fonde, sous le jargon technocratique, la participation active de la police française à la répression des mouvements populaires au Mexique, depuis la guerre de basse intensité opposée à l’EZLN au Chiapas, jusqu’à la sauvage répression de la Commune de Oaxaca, en passant par celle d’Atenco, en 2006. Et, aujourd’hui, la Guelaguetza…

Michel Sitbon


Ainsi, sur le site du Ministère des affaires étrangères, dans une « Mémorandum de la France au CAD (comité d’aide au développement) » daté du 24 janvier 2006, ces quelques paragraphes, sous l’intitulé « Soutenir le développement des systèmes judiciaires » :

« En synergie avec la politique d’amélioration de la justice de proximité [sic] dans les quartiers sensibles français, des projets pilotes sont développés (…) » – au Mexique et ailleurs.

« La France aide à mettre en place des services civils de police capables d’assurer démocratiquement la sécurité et la protection civile des populations, de maintenir l’ordre public et de préserver le fonctionnement des institutions dans le respect des libertés publiques et des droits de l’Homme [sic]. »

« Ces projets visent pour l’essentiel à mettre en place les moyens matériels et humains destinés à :

- renforcer la capacité opérationnelle des services (…) ;
- renforcer ou constituer des unités spécia-lisées dans le maintien de l’ordre selon des procédés conformes aux règles de l’État de droit (sic) ;
- renforcer les services de police judiciaire (…). »

Interrogé sur le fait que, justement, cette coopération pose problème quant au respect des droits de l’Homme au Mexique, Jacques Chirac – encore Président de la République et pas encore repris de justice –, livrait son point de vue lors d’une conférence de presse donnée à Mexico, en novembre 1998.

Visite « d’État » à l’occasion de laquelle était signés l’accord de coopération policière au titre duquel les « experts » de la police française encadrent la répression des mouvements poplaires mexicains.

Un journaliste l’interroge :

« – Monsieur le Président, il y a des organismes et des groupements dans l’Union européenne qui veulent retarder l’accord de libre-échange avec le Mexique car ils consi-dèrent qu’ici on ne respecte pas les Droits de l’Homme : qu’en pensez-vous ? »

Réponse de Chirac :

« […] Nous connaissons bien cette affaire. Moi je ne suis pas, je crois, suspect d’intolérance à l’égard des peuples premiers. Chacun sait que j’aime et que je respecte leur civilisation. Donc j’essaie de voir les choses avec le maximum de sérénité. Je souhaite que les accords qui ont été passés en 1996 puissent se dérouler normalement, et j’ai cru comprendre que, prochainement, des négociations pourraient conduire à une solution qui soit respectueuse des droits de chacun dans ce problème concernant certaines populations du Chiapas. »

Quant à l’accord qu’il signait le jour même, pas un mot…

* * *

Pour comprendre un peu mieux, on dispose d’un rapport très instructif présenté à la suite d’une « Mission effectuée au Mexique du 20 au 28 février 1999 » par quelques représentants de la commission des affaires étrangères du Sénat. Y est abordée, entre autres, cette question de « la coopération franco-mexicaine dans les domaines des armées, de la police et de la justice ». Mais les sénateurs se donnent la peine de décrire « la relation bilatérale franco-mexicaine ». Celle-ci, précisent-ils d’emblée, « doit s’inscrire dans le contexte de la prééminence américaine au Mexique ». « Prééminence américaine » qu’il ne s’agirait donc nullement de remettre en cause – quoi que puissent en dire par ailleurs nos sénateurs. Quant aux relations franco-mexicaines proprement dite, les sénateurs apportent une bonne nouvelle : « Nos deux pays ne sont opposés par aucun contentieux bilatéral substantiel. » Ils révèlent au passage l’histoire méconnue d’un territoire français méconnu, l’île de la Passion, autrement nommée « atoll de Clipperton ». « Cet atoll de 7 km2, situé dans le Pacifique Nord à plus de 1 300 km des côtes mexicaines, est inhabité ». Mais « ses ressources économiques lui confèrent un certain intérêt »…

« Possession française depuis 1858 », l’île de la Passion aura été « revendiquée par le Mexique à partir de 1898 ». Après moult litiges depuis lors devant les cours internationales, le Mexique abandonnera finalement son « projet de recours à la Cour internationale de justice », en 1986. Il se trouve que cette même année 1986 « une délégation du SCTIP (service de coopération technique internationale de police) a été ouverte au Mexique », à l’initiative du mi-nistre de l’Intérieur de l’époque, Charles Pasqua, qui inaugurait ainsi la « coopération policière » ici dénoncée…

Les sénateurs soulignent nénmoins l’importance de la « visite d’État » de Jacques Chirac en novembre 1998, faisant suite à une semblable « visite d’État » du Président du Mexique en France en 1997. Il relèvent le fait que « le Président Chirac » aura « en particulier prononcé un discours devant les députés et les sénateurs mexicains, exceptionnellement réunis en Congrès » – ce qui n’est pas rien.

À l’occasion de cette visite que l’on pourrait sans grande exagération qualifier d’historique, Chirac aura signé « pas moins de treize accords et arrangements administratifs divers » – parmi lesquels l’accord de coopération policière ici dénoncé, ainsi qu’une « convention d’assistance judiciaire », et une « convention d’extradition ».

Pour marquer le coup, Chirac procédera au cours du même voyage à « l’inauguration de la “Casa de Francia”, le nouveau centre culturel français à Mexico » – qui aurait coûté la bagatelle de 21 millions de francs.

Ainsi les sénateurs peuvent conclure que « le dialogue politique bilatéral est donc de qualité », avant d’aborder la question sérieuse de « la coopération franco-mexicaine dans les domaines des armées, de la police et de la justice ».

Quant à l’armée, « les échanges entre les armées françaises et mexicaines » auront été marqués « par les escales régulières de la “Jeanne d’Arc” au Mexique ou du voilier-école “Cuauthemoc” en France ». Beaucoup plus signifiant, le « courant faible mais régulier d’officiers mexicains dans les écoles françaises (notamment le Collège interarmées de défense) ». C’est là que sont enseignées depuis un demi-siècle les subtilités de la « guerre révolutionnaire », ainsi que les théoriciens militaires français auront baptisé les méthodes contre-insurrectionnelles développées et mises en pratique en Indochine puis en Algérie avant d’être exportées dans le monde entier – et particulièrement en Amérique latine dans les années 70. [Voir à ce sujet le livre Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l’école française, paru en 2004 à La Découverte – et le documentaire du même nom à l’origine de ce livre important, trouvable en DVD. Également très instructif sur l’histoire et les méthodes de cette « guerre révolutionnaire », Une guerre noire, Enquête sur les origines du génocide rwandais, de Gabriel Périès et David Servenay dont nous avons donné un compte-rendu extensif, trouvable sur lanuitrwandaise.net ]

Pour ce qui est de la « coopération active en matière de police et de justice », le Mexique serait très « intéressé » par la « coopération renforcée avec la France, dont l’image est particulièrement positive », et « dont l’efficacité est garantie par le fait qu’elle est mise le plus souvent en œuvre sur place » – par des « experts français » délégués à cet effet.

« Cette coopération dans le domaine de la sécurité publique a surtout reçu un nouvel élan à l’occasion de la récente visite d’État du Président de République, durant laquelle une déclaration conjointe et un accord de coopération technique ont été signés » spécifiquement à ce propos. Les sénateurs n’auront pas omis de relever que « ces textes revêtent une importance politique significative dans un secteur sensible ».

Ils remarquent aussi que la « portée économique » de ces accords de sécurité « est également substantielle ». Ils souligent à cet égard « la valeur des conditions financières proposées » par la France au Mexique.

Leur délégation se félicite d’avoir fait valoir « aux diverses autorités gouvernementales mexicaines compétentes », « la très grande qualité des systèmes et équipements français proposés », mais aussi « la valeur des conditions financières proposées ».

Abordant la question spécifique de la coopération policière, les sénateurs précisent que ces accords « permettent de donner une base juridique à une coopération opérationnelle et technique ». Mais ils notent qu’en plus de permettre « le développement de ces coopérations dans un pays considéré comme essentiel », « ils ont un impact sur la situation de sécurité intérieure française » – dans les « quartiers sensibles », comme on a vu.

* * *

Quant à cet « accord de coopération technique en matière de sécurité publique entre le gouvernement de la République française et le gouvernement des États Unis du Mexique » aux redoutables conséquences, c’est donc le 12 novembre 1998 que Chirac le signait en grandes pompes à Mexico. En découle un décret présidentiel, français, daté, lui de 2000 – contresigné par Lionel Jospin et Hubert Védrine… Extraits choisis :

« Soulignant combien il est important de favoriser les conditions légales, institutionnelles, administratives et éthiques [!] aptes à favoriser l’exercice de la mission des agents publics chargés de la sécurité publique (…) ;

« Considérant que l’information et l’échange d’expériences [comme celle de la torture en Algérie ?] contribueront à une meilleure efficacité des systèmes de sécurité publique (…) ;

« Le Gouvernement français apporte son soutien au Gouvernement mexicain sur les points suivants :

- a) Il fournit des conseils pour élaborer des programmes de formation, de professionnalisation, d’actualisation et de spécialisation du personnel de sécurité publique (…) ainsi que des cours destinés à optimiser leur capa-cité d’action et de réponse dans les fonctions qui sont les leurs ;

- b) Il établit des programmes pour former le personnel de sécurité publique [mexicain] (…) à l’accès et l’utilisation, le cas échéant, des signaux de satellite [en clair : les écoutes des communications téléphoniques captées par les satellites français Hélios et Syracuse] ; (…)

- d) Il met en place, à l’intention des personnels les plus méritants [sic], des cours ou des programmes de formation et de spécialisation organisés en France ;

- e) Il fournit le matériel et l’équipement nécessaires pour être utilisés et maniés par le personnel en formation [ce qui expliquerait la similitude de l’équipement des flics de la PFP avec celui de nos CRS et gardes mobiles] (…). Les actions prévues par le présent accord sont réalisées dans la limite des disponibilités budgétaires de chacune des parties [ce qui semble vouloir dire que l’essentiel de ce programme est à la charge de l’État français, les Mexicains souscrivant par ailleurs de juteux contrats pour leurs fournitures militaires auprès des marchands d’armes également français. D’un côté, c’est l’État qui paye, de l’autre, c’est Lagardère qui encaisse…].

« Le Gouvernement des États-Unis du Mexique se charge des actions suivantes :

- a) Il partage éventuellement, selon ce que conviennent les Parties au cas par cas, les frais de transport de la France vers le Mexique et les frais de séjour des experts français [experts en terreur et manipulation] chargés des actions de formation et de spécia-lisation du personnel de sécurité publique mexicain [ainsi même les frais de transport et de séjour des spécialistes de la « guerre révolutionnaire » sont à la charge du contribuable français…] ;(…)

- d) Il veille à ce que le personnel sélectionné et formé soit employé dans des fonctions qui correspondent à sa spécialisation. [Faut-il comprendre ici que les autorités françaises chercheraient à se prémunir par avance contre toute accusation génante, quand on sait que les membres de la PFP sont réputés pour être non seulement particulièrement corrompus, mais aussi pour participation active au trafic de drogues à grande échelle ?]

« Les actions visées [par cet accord] doivent être formalisées dans des projets spécifiques de coopération comportant les indications suivantes :

- a) Justification ;

- b) Objectif général (…) [Et l’on est en droit de se demander ici de quelle « justification » et de quel « objectif général » peut se prévaloir la politique criminelle mise en œuvre dans le cadre de cet accord.] »

À l’occasion d’une visite du mini-stre mexicain des Affaires étrangères, à Paris, le 9 octobre 2006, pendant la Commune de Oaxaca – peu avant sa répression en novembre, on apprenait que « sur le plan économique, les échanges commerciaux [entre la France et le Mexique] se sont accrus de 8 % en 2004 et de 9 % en 2005 ». On découvrait aussi que le « nouvel élan » donné ainsi aux relations franco-mexicaines se manifestait également par « une grande convergence de vues sur les questions internationales », notamment « au Conseil de sécurité lorsque Mexico y siégeait ». Ainsi la France se serait acheté, au prix du sang du peuple mexicain, une voix de plus au « gouvernement » des Nations unies…

Dans la droite ligne de ces illustres précédents, Nicolas Sarkozy – ministre de l’Intérieur pendant que la police française apportait l’assistance de ses « experts » pour réprimer les mouvements populaires mexicains à Atenco et à Oaxaca, en 2006 –, offre à l’actuel Président du Mexique, Felipe Calderon, d’ajouter à cette construction criminelle une « police scientifique » – grande spécialité française à l’âge de la biométrie et des nanotechnologies.

vendredi 27 juillet 2007

APPO y zapatistas

APPO: gobierno de Oaxaca dice que si cesan protestas liberará a detenidos

OCTAVIO VELEZ ASCENCIO

Oaxaca, Oax., 26 de julio. La Asamblea Popular de los Pueblos de Oaxaca (APPO) aseguró que el gobierno estatal mantiene en la cárcel a cinco profesores de la sección 22 del Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación (SNTE) con la intención de chantajear al movimiento y obligarlo a suspender las protestas programadas contra el segundo Lunes del Cerro.

Piden a la CNDH promover acciones cautelares en favor de aprehendidos

VICTOR BALLINAS

Amenaza de desalojo contra zapatistas

HERMANN BELLINGHAUSEN

Comitán, Chis., 26 de julio. Tras concluir la primera etapa del segundo Encuentro de los pueblos zapatistas con los pueblos del mundo, en el caracol de Morelia, tanto la comandancia del Ejército Zapatista de Liberación Nacional (EZLN) como los asistentes de México y de otros países se trasladaron hoy, y algunos desde la tarde de ayer, al caracol de La Realidad, donde a partir de este viernes se realizará la última etapa de la reunión.